mercredi 14 octobre 2009

Petite Conne

Allez, une dernière, juste une dernière. De toute façon, il fallait bien qu'il y ai une dernière, alors, autant que ça soit celle là, celle d'aujourd'hui. Une dernière fois sortir le paquet, caché dans ma chambre. Et puisqu'il n'en reste qu'une, ça sera la dernière. S'asseoir au soleil, dans le jardin. Allumé la musique, "Bang Bang, you shot me down." La faire glisser entre mes doigts, attendre. Saisir le briquet décoré avec soin par ma soeur, le pressé, la dernière. Déclic. La magie s'opère, le feu. Ce qui ne nous étonne plus maintenant. Mais quelle magie tout de même. Rapprocher la flamme du visage et sentir la chaleur et puis l'odeur désagréable de quelques cheveux un peu trop longs brûlés au passage. Ce grésillement familier. La fumée s'élève. Grise, belle, libre. Qu'y a-t-il de plus beau que cette fumée, éphémère et charmeuse? Aspirer, encore, aspirer. La dernière. Fumée, fumée grise qui s'extrait de ma bouche, de mon nez. Un poison cette fumée. Un poison si rassurant. Savoir que l'on se met en danger, à cause du message, mais ne pas trop y croire enfin de compte. Et puis c'est la dernière, il me reste encore beaucoup de temps avant que le message devienne vrai. Fumée. "Shot me down". Ouais. Plus que l'inscription entre les doigts, mais fumé, fumé encore, jusqu'au filtre. Au début tout blanc, puis devenu jaune. Dégueulasse ce filtre. Est-ce que mes dents vont devenir comme ça ? Non, dernière clope, au Diable. Ecrasé. Se sentir sale, crade. Avec cette odeur partout, sur les doigts, les cheveux. Pourquoi, pourquoi? ... sans réponse. Il faut remonter loin, mais il n'y a pas de début, il y en a jamais eu. Il faut remonter loin. Quand j'étais encore naïve, vierge et innocente. Puisque c'est après, après que tout à changé. Après, quand j'ai su. Finalement, tout est comme ce filtre, jaune et dégueulasse.

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